Le commerce, les musulmans et la concurrence

Avec la création du statut d’auto entrepreneur et la facilitation des démarches à la création, lancer son entreprise est un projet qui séduit de plus en plus de personnes. Et cette tendance n’épargne pas la communauté musulmane. En effet, nous assistons depuis plusieurs mois à l’éclosion d’innombrables petits commerces en tout genre mais aussi de beaux projets ambitieux.

Malheureusement, on voit également fleurir les plaintes concernant les pratiques et le comportement d’entrepreneuses peu scrupuleuses.
En tant que membres de « la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes » nous avons le devoir d’ordonner le convenable et d’interdire le blâmable et de craindre à Allah. [S.31 Luqman ; v.110]. Un rappel n’est donc jamais de trop !

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l’éthique et le licite avant tout

Tous les conseils dans cet article sont des évidences, mais quand on entend les témoignages des uns et des autres, on est obligé de revenir sur ces points.
Si vous faites du commerce sans réfléchir à la licité de votre projet ni à la place de l’éthique, arrêtez tout de suite, vous vous éviterez des péchés. Avant même d’entreprendre, il faut se demander si ce qu’on va vendre (produit ou service) est licite et surtout si la façon dont on va le vendre l’est également.
Le musulman doit vivre selon les règles morales et les valeurs de l’islam, notamment en matière de commerce. Ses actes, de quelque nature qu’ils soient, doivent respecter l’éthique musulmane, c’est-à-dire l’ensemble des principes moraux dictés par le Coran et la Sunna et les exemples des pieux prédécesseurs.

La copie et le plagiat : la gangrène du commerce dans la oummah

Le phénomène le plus récurrent et le plus caractéristique du manque d’éthique de certains concerne le plagiat/ la copie. Le plagiat est « ce qui est emprunté, copié, démarqué » ou encore c’est un « acte de quelqu’un qui, dans le domaine artistique ou littéraire, donne pour sien ce qu’il a pris à l’œuvre d’un autre » (source : Larousse en ligne)
Combien d’entrepreneuses se sont vues copiées voire voler leurs créations par des opportunistes attirés pas l’appât du gain.
Non, vous n’avez pas le droit de piquer les photos d’une autre, vous n’avez pas le droit de reprendre ses idées, sa stratégie, son logo et son identité visuelle. Vous pouvez vendre les mêmes produits, mais même dans ce cas, on peut se demander pourquoi vous faites preuve de si peu d’imagination ! Pourquoi refaire tel quel le projet, certes réussi, d’une autre ? Êtes-vous incapable de penser par vous-même, de trouver des produits différents, une stratégie marketing et communication différentes ?
On peut rétorquer qu’il n’y a rien d’illicite à vendre ce qu’une autre vend déjà et à 1 ou 2€ de moins (tant qu’à faire…) mais dans bien des cas, ça reste à la limite de l’éthique.

Craignez Allah et respectez le travail d’autrui

Des entrepreneuses se démènent pour construire un projet, chercher leurs fournisseurs, dessiner leurs créations, imaginer une stratégie, investir du temps et de l’argent, et certaines, souvent non déclarées, arrivent et imitent sans se demander si c’est un comportement digne d’une musulmane vertueuse.
Ne l’oublions pas, « le musulman est frère du musulman, il ne l’opprime pas, ne l’abandonne pas, il ne lui ment pas, ne le méprise pas. » (Rapporté par Abou Hurayra) . Honnêtement, aimerions-nous être copié et plagié tout comme nous-mêmes le faisons avec le travail d’autrui ? Évidemment non, alors pourquoi faire à autrui ce qu’on n’aimerait pas qu’on fasse à soi ?
Le pire dans ce déficit de principes et de morale, c’est que le commerce des copieurs ne décollera jamais, tout au moins, il ne sera pas béni tant qu’il restera basé sur de la copie et continuera à porter préjudice à l’entrepreneuse copiée.
A long terme, c’est le travail, l’originalité (des produits ou de la communication), et le professionnalisme qui font la différence. Par ailleurs, les clients s’y trompent rarement, ils préfèrent l’original à la copie et comme l’information circule rapidement, le manque d’éthique est en général sanctionné.
Alors un conseil avant de vous lancer, assurez-vous que vous n’allez pas copier ou plagier le projet d’une telle. Et si vous le faites, il est temps d’arrêter et de personnaliser votre projet, car c’est un comportement indigne d’une personne qui cherche la satisfaction d’Allah à travers son commerce.

Soyez leader et non pas suiveur

Akhawate Business a déjà fait un plaidoyer pour sensibiliser ses lecteurs au leadership dont doivent faire preuve les membres de la communauté, en particulier les femmes.
Beaucoup de ces personnes dont les agissements sont peu éthiques optent pour la facilité et préfèrent se complaire dans leur zone de confort. Erreur ! Il faut se donner les moyens de réussir et de monter un vrai projet, réfléchi personnel et qui ne porte pas préjudice à sa sœur ou son frère en islam. Soyons clairs, la concurrence est licite, mais il faut rester attentif à ses pratiques et à la façon dont on se comporte.
Akhawate Business ne cessera d’encourager la créativité, le professionnalisme et avant tout la crainte d’Allah dans le commerce.

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