Que faire quand rien ne va plus…

La vie entrepreneuriale s’inscrit indéniablement dans la prise de risque, avec mesure du dit risque en amont. Au fil de cette aventure, l’entrepreneuse rencontre des hauts et des bas, mais parfois, il arrive qu’on tombe plus bas que bas… Cependant, lorsqu’on est le seul moteur de son entreprise, on ne peut pas se permettre de tout lâcher  alors comment faire ? Ici l’islam devient le facteur qui fait toute la différence dans la gestion de l’épreuve, mais il n’est pas le seul. Voyons comment sortir la tête de l’eau quand rien ne va plus.

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Accepter sa situation

D’une part Dieu le Très Haut dit “Est-ce que les gens pensent qu’on les laissera dire : “Nous croyons!” sans les éprouver?” [Sourate l’araignée, verset 2], et d’autre part, on sait que “Entreprendre aujourd’hui rime avec difficultés, selon la majorité des chefs d’entreprise interrogés par OpinionWay pour l’APM (Association progrès du management)”. L’entrepreneur(se) musulman(e) doit être d’ores et déjà conscient(e) que le parcours ne sera pas un long fleuve tranquille. Lorsqu’on est une personne dynamique et habituée à aller de l’avant, il est parfois difficile d’accepter qu’on est dépassé par les événements  Comme si l’accepter revenait à baisser les bras alors qu’il s’agit du contraire : c’est justement en acceptant sa situation qu’on pourra faire les démarches nécessaires pour s’en sortir et ne pas continuer à foncer dans le mur.

C’est comme dire à son âme “Ecoute, on a touché le fond, l’épreuve est bel et bien là. Arrêtons les frais, revenons sur ce qui ne va pas et traitons les problèmes dans l’ordre”. A partir de là, on peut rebondir avec la permission d’Allah.

Passer en mode “productivité minimale”

Il me semble que le propre d’une épreuve est de mobiliser une grande partie voir la totalité de nos ressources dans la lutte à mener contre soi, contre la spirale négative, contre les agressions vécues ou ressenties. Mais l’affaire qu’on a si bien monté auparavant continue de tourner et ne devrait s’arrêter sous aucun prétexte alors comment faire ? On passe en productivité minimale :

  • règle n°1 : donner la priorité à l’argent qui rentre sur l’argent qui sort. Cela signifie que les tâches qui font rentrer de l’argent sont prioritaires sur celles qui engendre des dépenses. Par exemple le traitement des commandes du jour est prioritaire sur la séance de shopping.
  • règle n°2 : ne se fixer qu’un objectif à atteindre là où on s’en fixait 2,3 ou 10 en temps normal.
  • règle n°3 : ne rien faire de plus tant qu’on ne va pas mieux.

Ne vous souciez pas du reste, vous aurez bien assez d’énergie pour le rattraper quand tout ira mieux lors d’une ou deux soirée libre inchallah.

“N’est-ce point par l’évocation d’Allah que se tranquillisent les coeurs?”

Que l’épreuve soit familiale, physique ou financière, n’oubliez jamais que c’est Allah Al Jabbar (Le Grandiose) qui vous l’envoie. La première des chose à faire est le repentir : dire 300 fois “astaghfiroullah” (je me repens à Allah) ne prend que 5 minutes et son effet en quelques jours est impressionnant. Ensuite dire “al hamdulillah” (la louange est à Allah) va vous permettre de relativiser la situation et de vous attirer la miséricorde de Dieu qui voit son serviteur persévérer dans la gratitude bien qu’Il l’éprouve.

La liste des oeuvres pies est longues, à vous de trouver celle qui vous correspond (écouter ou lire le Coran, donner l’aumône, jeûner, prier etc…) Ma favorite reste la prière surérogatoire effectuée au dernier tiers de la nuit. Imaginez l’âme éprouvée, qui met son réveil à 02:30, parfait ses ablutions, tourne toute son âme vers Allah dans le silence parfait de la nuit, et qui ne relève son front qu’après avoir vidé son coeur et confié toutes ses peines à son Créateur… Comme dit le prophète Yaqob “Je ne me plains qu’à Allah de mon déchirement et de mon chagrin” [S. 12 V. 86] et c’est bien à Allah qu’il est autorisé de se plaindre. A méditer.

Je fais ce que j’aime, je me fais du bien, je m’aime

Un manière efficace de se sortir du marasme et de s’adonner à des occupations plaisantes et productives. Il suffit de s’asseoir quelques minutes et de se demander “Qu’est-ce que j’aime faire ?”. Un activité productive est d’autant plus bénéfique, c’est comme reconstituer les parties de nous qui sont abîmées à travers la création d’une oeuvre quelle qu’elle soit.

Pour cela il faut balayer toute culpabilité : “la situation est catastrophique et j’ose prendre du plaisir ? Oui et j’assume !” L’islam n’est pas une religion qui torture l’âme, où la foi ne prendrait naissance que dans le malheur et la souffrance bien au contraire. Le prophète lui-même a bien dit ” j’aime trois choses de ce monde : les femmes, les parfums et la prière qui est la prunelle de mes yeux ” Il n’y a donc aucun mal à aimer des choses de cette vie présente tant qu’elles ne nous détournent pas de notre voie.

Autre habitude efficace : la récompense. En temps normal, et encore plus en temps difficile, se récompenser peut s’avérer salvateur. Puisque l’on s’est fixé des objectifs raisonnables, on a tout intérêt à s’accorder une récompense à chaque fois qu’on les atteint. Laissez moi vous citer mon expérience personnelle:

“ La première récompense que je me suis accordée dans cet état d’esprit fût un pot d’huile de coco vierge bio (elle a de nombreuses vertus . Elle est venue en récompense d’un objectif de longue date enfin atteint et cela dans une période de creux. Aujourd’hui, et à chaque fois que j’utilise cette huile, plus que celui de la noix de coco, c’est le goût de la victoire qui me revient et je ne m’en lasse pas.”

Faire des listes ?

A nos fidèles fans de Facebook nous avons posé la question :

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La réponse qui est revenue le plus souvent est “je fais des listes”. Il semble donc que le simple fait de se poser devant une feuille (ou sur l’appli de son smartphone) en énumérant les diverses tâches pour les classer et les ordonner constitue une porte de sortie non négligeable car elle a fait ses preuves pour bon nombre. La liste permet de se projetter dans l’avenir, donc hors de l’épreuve ou plutôt une fois l’épreuve traversée, elle serait donc un peu comme “la lumière au bout du tunnel”. Attention, ce n’est pas une solution  miracle, elle ne convient pas à tout le monde, mais le bonheur d’une liste réside aussi dans le fait de barrer tour à tour les items et ainsi mesurer la progression vers la sortie, wa alhamdulillah.

Mieux vaut prévenir que guérir

Gardez à l’esprit que les difficultés sont une partie inhérente de notre vie de musulmane entrepreneuse. Aussi, il est préférable d’avoir “un plan B”. Ce que j’appelle le plan B est un plan d’action concrète à mettre en place dès qu’on lâche les rennes. Si vous avez un blog, veillez à avoir toujours deux ou trois articles sous le coude. Pour animer vos réseaux sociaux, constituez-vous une banque d’image et de liens passe-partout et programmer votre semaine à l’avance (pourquoi pas via le nouveau Masjidway pour une publication automatique sur facebook et twitter). Pour répondre au mail, gardez un brouillon de côté en réponse aux questions que vous savez récurrentes. Pour honorer vos commandes à temps ou pour tout autre soucis logistique, c’est le moment de rappeler à votre chère amie qui vous avait promit “Un jour si tu as besoin de moi à ton tour, je serais là” que le jour est arrivé.

Donc pour récapituler : il faut commencer par admettre sa faiblesse, puis se ménager en soulageant son emploi du temps, chercher de l’aide dans les actes d’adoration, éventuellement faire des listes de tâches si ça peut vous aider, et enfin faire ce que vous aimez pour vous reconstituer. Si tout va bien pour vous en ce moment, profitez-en pour prévoir tout ce qui pourrait vous être utile en cas de difficultés. Et enfin le plus important : placez votre confiance en Allah quoi qu’il arrive !

 

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