Création d’entreprise : l’auto entrepreneur

Aujourd’hui sur le blog nous avons le plaisir d’accueillir Stéphanie Benlemselmi, gérante d’ARH Conseil, professeur et écrivain d’ouvrages pratiques sur l’entrepreneuriat au féminin pour aborder le thème de la création d’entreprise. Tout de suite place au premier volet de la série : le statut d’auto-entrepreneur.

Ça y est, après y avoir pensé depuis des années, parfois en secret de votre entourage, vous avez décidé de vous lancer dans la grande aventure : vous allez créer votre propre entreprise. Oui oui, la votre, rien qu’à vous.
Alors vous avez déjà réfléchi au nom de votre société, à ce que vous allez y vendre (produits ou services ?), aux fournitures dont vous aurez besoin, vous avez fait le tour de vos éventuels fournisseurs, mieux encore, vous avez réalisé une étude de marché préalable en bonne et due forme, sans oublier enfin d’appliquer le secret du business qui cartonne.
Mais avez-vous pensé au statut juridique de celle-ci ? Ce choix, cornélien, mais tout autant stratégique, va déterminer une bonne partie de votre réussite … ou pas.

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L’auto-entreprise c’est quoi ?

Aujourd’hui je vous propose de développer le statut juridique de l’auto-entreprise qui a vu le jour en 2008. Celle-ci permet un accès à la création d’entreprise d’une facilité et d’une simplicité enfantine ! Et surtout, elle permet de limiter les risques financiers. Le statut de l’Auto-entrepreneur relève du régime fiscal de la micro-entreprise : vous êtes un entrepreneur individuel et gérer seul votre affaire. Vous pouvez être classé en tant que profession libérale.

Depuis la création de l’auto-entreprise, 56% des structures sont créées sous ce statut (sources : INSEE).

En 2012, 38% des créateurs d’entreprises sont des femmes (chiffre en hausse), elles créent dans les secteurs suivants (entreprise individuelle) :

  • Enseignement
  • Santé humaine
  • Action sociale
  • Services aux ménages
  • Industrie

Création simplifiée

Créer son auto-entreprise est relativement simple, pour cela il faut vous rendre sur le site officiel de l’autoentrepreneur : www.lautoentrepreneur.fr, puis « adhérez au régime » et « déclarez votre activité ». Un formulaire sera accessible et il vous faudra le remplir ; attention toutefois à être précis dans la rédaction de l’activité créée, de cette explication résultera –entre autre- le numéro de SIRET que l’INSEE vous accordera et dans lequel votre activité sera classée (code APE). De ces numéros dépendra vos montants de cotisations URSSAF, cela n’est donc pas anodin ! Vous devrez régler vos cotisations mensuellement ou trimestriellement (30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier), soit en ligne, soit sous format papier à envoyer à votre URSSAF.

3 taux de cotisations existent :

  • 21,3 % concernant les professions libérales relavant de la CIPAV
  • 24,6 % concernant les professions artisanales et commerciales proposant des services
  • 14 % concernant les professions artisanales et commerciales proposant de la vente ou fournitures de logements

(sources : lautoentrepreneur.fr)

Les avantages et les limites du statut auto-entrepreneur

Sachez que pour une activité de services, le chiffre d’affaires annuel maximum est limité à 32600 euros net et que pour une activité de commerce, celui-ci est limité à 81500 euros net. Attention, si vous démarrez votre activité en cours d’année, il faudra calculer le chiffre d’affaires à ne pas dépasser au prorata du nombre de mois restant (exemple, vous déclarez votre activité au 1er juin, votre CA maximum sera de 16300 euros). Si vous dépassez le chiffre d’affaires indiqué pour votre activité, vous devrez changer de statut juridique (passer de l’auto-entreprise à l’EIRL par exemple), sous réserve (développé dans un prochain article). Important : étant donné que la TVA n’est pas soumise à l’auto-entreprise, faites attention à ne pas avoir trop de charges à déduire, car ce statut ne vous le permet pas contrairement à une SARL ou à une EIRL.

Autre chose appréciable du statut de l’auto-entreprise : si vous ne générez pas de chiffre d’affaires, vous n’avez pas à payer de cotisations URSSAF. Cela limite les risques financiers, et vous permet également de « tester » un business afin de changer votre statut juridique par la suite.

Tableau simplifié des principaux avantages et inconvénients du statut de l’Auto-entrepreneur :

A V A N T A G E S

I N C O N V É N I E N T S

Déclaration simple et rapide

Pas de cotisations URSSAF à payer si pas de CA

statut limité dans le temps : projet de loi à venir

Aucune déduction possible des charges

Statuts limité dans le temps : obligation de changer de statut juridique au bout de 2 ans

NB : dépêche de dernière minute ! l’Etat est entrain de statuer sur la réforme du régime de l’Autoentreprise et souhaite limiter de 1 à 5 ans ce statut (dans le cas d’activité principale) et le chiffre d’affaires (dans l’unique cas où l’autoentreprise serait réalisée en tant qu’activité secondaire). Les indicateurs d’évolution de ce statut seront connus à la rentrée, au mois de septembre 2013.

Alors si vous voulez vous lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat au féminin de manière rapide et en limitant les risques, n’hésitez pas, le statut d’autoentrepreneur vous permettra de réaliser votre rêve en quelques clics ! Mais attention, une étude de marché et un business plan sont nécessaires, même pour la création d’une entreprise individuelle. Lancez-vous Mesdames, mais intelligemment !

Stéphanie Benlemselmi

Copyright : cet article est la propriété intellectuelle de son auteur.

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