Le B.A.BA du business selon l’éthique musulmane

Tout comme il régit notre vie et la société toute entière, l’islam a établi des règles et des bonnes pratiques en ce qui concerne le commerce. Beaucoup d’entre nous se qualifie d’entrepreneurs musulmans, on parle de son projet, de ses ventes, des finances, des partenariats, ce qui concerne essentiellement le côté entrepreneur. Mais s’est on vraiment occupé du côté musulman ? Certes, on fait attention à ne pas vendre de l’illicite, à ne pas contracter de prêts usuriers, à ne pas faire de la pub avec des mannequins dénudées. Mais encore ? Quelles sont les règles du commerce en islam ?

Voyons comment faire de l’éthique musulmane notre code de commerce.

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Le commerce comme moyen d’acquérir une subsistance licite

Qu’on se le dise, il est primordial pour le musulman d’obtenir une subsistance licite pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Il est encouragé à être financièrement indépendant et à travailler dur pour le devenir.

Certes cela s’applique d’abord à l’homme qui est en charge de son foyer, mais puisque la femme musulmane est également amenée à travailler, autant qu’elle obtienne licitement sa subsistance. C’est pour cela que nombreuses sont les entrepreneuses qui ont délaissé leur travail salarié qui impliquait entre autre impossibilité de prier sur place et renoncement au voile ainsi qu’à d’autres convictions religieuses, pour lancer leur business en conformité avec leurs valeurs.

Nous sommes donc de plus en plus nombreux et nombreuses à considérer le commerce comme moyen d’acquérir une subsistance licite et donc à nous orienter vers l’entrepreneuriat.

Il est dont nécessaire d’avoir une intention claire et pure, celle d’obtenir une subsistance licite à travers un travail licite, en somme, faire en sorte que son travail soit une adoration.

Le devoir d’apprendre les règles du commerce

Faisons preuve de bon sens : quand on décide de se lancer dans un quelconque projet, on se prépare, on s’informe, on s’arme. Si vous décidez de faire un voyage, vous vous renseignez sur votre destination, sur les activités sur place, les commodités, les tarifs, la météo, bref, vous vous préparez en vous informant sur tout ce qui concerne votre voyage. C’est donc tout naturellement, que pour se lancer dans le business, le musulman doit apprendre les règles du commerce. Ce n’est pas simplement un conseil de bon sens ou une démarche logique, c’est une obligation totale et non négociable. Omar Ibn al Khattab (qu’Allah l’agrée) a dit : “Que celui qui n’apprend pas les règles du commerce, nos marchés lui sont interdits.”

Prenons quelques instants pour peser le poids de ces mots et mesurer la teneur de cette déclaration. Imaginez que l’on puisse appliquer ce principe et l’imposer comme une condition à l’entrée dans le monde entrepreneurial. On finirait par constater un assainissement du marché, débarrassé alors des mauvais comportements ou et des pratiques douteuses. En attendant un monde où cette loi serait en vigueur, chaque croyant doit s’efforcer à apprendre les règles du commerce par lui-même et doit prendre ceci très à cœur.

Le bon comportement à adopter

L’intention est pure, les connaissances sont établies, il ne reste plus qu’à agir conformément à tout ceci. Voici quelques règles de bienséances concernant le commerce

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  • Honnêteté : l’entrepreneuse musulmane doit être honnête lors des transactions, donner toutes les informations nécessaires et pertinentes pour l’acheteur, et bien entendu, elle ne doit pas cacher les éventuels défauts, ce qui serait considéré comme un tromperie.
    Le Messager d’Allah a dit : “Les Musulmans sont considérés comme des frères, Il n’est  pas permis à un musulman de vendre à son frère une marchandise viciée (c’est-à-dire ayant un défaut) sans l’en informer”. Rapporté Ibn majah et authentifié par sheikh Al Albani.

    Si l’on commet la faute de cacher les défauts d’une marchandise, la transaction ne sera pas bénie comme l’explique le messager d’Allah : ” La vente et l’achat ne sont considérés accomplis qu’après la séparation des parties contractantes (le vendeur et l’acheteur): S’ils sont honnêtes et n’ont rien caché dans leur transaction, celle-ci sera bénie. Par contre, s’ils sont malhonnêtes et se sont tus sur les vices de leur marchandise, la bénédiction sera anéantie de leur vente.” Boukhari et Muslim

  • Honorer sa promesse : quand on scelle une vente, on ne doit pas revenir sur cet engagement pour des raisons futiles ou mercantiles. Il est donc interdit de revenir sur sa promesse si on reçoit une meilleure offre par la suite, car le musulman n’enchérit pas sur son frère quand celui-ci s’est engagé dans une transaction. Donc si vous vous êtes mis d’accord sur la vente de votre stock par exemple avec un tel, et que quelques jours après, une autre personne vous fait une proposition bien plus intéressante, vous ne pouvez pas revenir sur votre engagement et rompre votre promesse.
  • Avoir un bon comportement : avec toutes les parties prenantes de votre commerce. Ceci englobe, entre autres, les clients, les fournisseurs, et les employés. Allah vous a permis d’avoir votre commerce, il faut donc être humble et reconnaissant, cela passe par le bon traitement accordé à votre entourage professionnel. Soyez généreux, patient et arrangeant avec vos clients et vos employés, dans la limite du raisonnable bien entendu. Adressez vous à eux avec gentillesse (cela parait évident mais le rappel profite au croyant), si on vous doit de l’argent soyez arrangeant sans pour autant renoncer à votre dû. Faire preuve d’empathie et être conciliant ne fait pas de vous un pigeon ou une naïve, mais cela fait partie du bon comportement qu’une entrepreneuse musulmane doit avoir.
  • Ne pas jurer pendant la transaction : ” Le serment (le fait de jurer par Allah) aide à écouler la marchandise mais en détruit le profit ” Hadith authentique, rapporté par Bukhari 8/275 et Muslim 1606. Même si vous dites la vérité, cela est détestable de jurer par Allah, pire, cela ôte la bénédiction qu’Allah pouvait accorder lors de l’opération. Abstenez-vous donc de dire “wallah cette robe est neuve, wallah c’est un modèle unique…” cela préservera la bénédiction.

Ainsi, il est urgent pour les musulmans d’apprendre les règles du commerce. Elles sont nombreuses et trop peu de ressources pour l’instant existent en français. Il faut donc faire un effort de recherche, peut-être dans une langue étrangère et interroger les gens de science. Beaucoup de ces règles relèvent du bon sens (honnêteté, tenir sa promesse…) mais on ne peut pas compter sur le seul bon sens de chacun. Le premier pas est de prendre conscience que tout ce qu’on fait dans son commerce ou pour son commerce est une adoration, une recherche d’une subsistance licite, et que de ce fait, on doit adapter son comportement en fonction de Celui qu’on adore et des règles qu’Il a établi.

Il est temps de se considérer non pas comme une entrepreneuse musulmane mais comme une musulmane entrepreneuse et replacer l’islam avant toute chose ou plutôt à l’origine de toute chose.

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