La marque de prêt-à-porter islamique a levé 5000€ grâce au crowdfunding

Suite à l’article “Saviez-vous que…” consacré au financement et au profil des entrepreneuses, notre rédactrice Stéphanie Benlemselmi a interviewé l’une des premières entrepreneuses à avoir eu recours au crowdfunding : Nadia de l’entreprise Sianat. Interviewé d’une femme qu’on connait bien maintenant…

  • Comment t’es venue l’idée de lancer un financement participatif pour ton entreprise ?

Nous connaissions les plateformes de financement participatif Ulule et Kisskissbankbank. Nous aimions le concept et avions même participer au financement de certains projets qui nous avaient plu. Il y a quelques années de cela, un entrepreneur musulman avait eu l’idée d’adapter le concept aux projets issus de notre communauté et destinés à celle-ci. A l’époque, nous nous étions dit que si un tel projet venait à voir le jour, nous serions parmi les premiers à y participer. Développer une marque de prêt-à-porter islamique demande un gros investissement et très peu d’opportunités s’offrent aux entrepreneurs musulmans qui ne peuvent avoir recours aux banques “traditionnelles” pour emprunter de l’argent (Riba). Le financement participatif nous est apparu comme la meilleure solution alternative pour nous aider à développer Sianat.

  • Quel en était l’objectif principal ? des objectifs secondaires ? 

L’objectif principal était le lancement d’une nouvelle collection afin d’étoffer notre offre et élargir notre cible en proposant de nouveaux modèles et des vêtements susceptibles de convenir au plus grand nombre.

  • Le projet a-t-il été compliqué et long à monter ? 

Nous n’avons rencontré aucune difficulté majeure lors de la mise en place de notre projet. Avec le recul, nous aurions certes pu mieux le préparer. Néanmoins, l’équipe Aoon est à l’écoute durant toute la phase de préparation et aide à optimiser la campagne.

aoon sianat

Source : blog Sianat

  • Peux-tu développer et donner les principales étapes lorsque l’on souhaite se lancer dans un FP pour que les sœurs puissent avoir un “plan” ? 

Une campagne de FP se prépare plusieurs mois avant son lancement. Les premiers temps, il peut être pertinent de voir et de s’inspirer, sans toutefois copier, de ce qui se fait ailleurs sur les autres plateformes. Il faut ensuite bien réfléchir aux différents canaux de communication qui seront utilisés durant la campagne : réseaux sociaux, encarts publicitaires sur quelques sites influents, famille, amis, collègues de travail, etc. Le travail de communication est primordial. Plus il sera efficace, plus on parlera de votre projet et plus vous aurez de chance de le voir aboutir in shâ’a Allah. Il faut aussi préparer les visuels, photos, graphiques, vidéos et textes qui détailleront avec précision la teneur de votre projet et surtout, à quoi servira le financement. C’est indispensable pour obtenir la confiance du public.

  • Est-ce que les résultats ont été à la hauteur de tes espérances ? 

Al hamduli Llâh, notre objectif a été atteint. Nous avons été agréablement surpris par le soutien de certaines personnes. Qu’Allah récompense grandement tous ceux qui nous ont soutenus.

  • Recommanderais-tu ce mode de financement ? 

Oui sans hésiter. En plus de pouvoir bénéficier d’une aide non négligeable, ce mode de financement permet de juger l’intérêt du public pour son ou ses produits et de les faire connaitre avant leur commercialisation.

  • Quelles conclusions en tires-tu ? 

Toute opportunité de financement dite halal est bonne à prendre pour un entrepreneur musulman. J’insiste sur le fait qu’il est important d’avoir un projet bien ficelé et un réseau avant de lancer ce type de campagne.

 

L’expérience du financement participatif que Nadia a eu pour son entreprise Sianat, permet de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce mode de financement, et prouve que les résultats peuvent être positifs, en peu de temps.

Les commentaires facebook