Le bénévolat en manque de reconnaissance

Le tissu associatif français est très dense, ça va de l’association de quartier, au club de judo en passant par les ONG ou les réseaux pro comme le nôtre. Être membre d’une association c’est souvent être polyvalent et s’auto-former. Le fait d’être bénévole (de ne pas percevoir de salaire donc) dévalorise ou minimise, ne serait-ce qu’aux yeux de la société, la valeur de cet engagement. Vous comprenez, être bénévole, dans l’inconscient collectif, c’est se retrouver pour papoter, organiser deux ou trois activités pour les adhérents, c’est évoluer dans une organisation floue, avec plus ou moins de hiérarchie et sans forcément de compte à rendre ou de performances à réaliser. Je ne nie pas que certaines associations ressemblent à ça. Cela dit, beaucoup d’autres ressemblent en tout point à des entreprises performantes, avec les exigences que cela implique.

Les associations sont bien des lieux qualifiants, parfois plus que les situations de travail plus classiques, parfois très déqualifiantes. Il convient que le Monde Associatif en soit conscient, sans complexe, et sache mieux décrire ses activités, et par voie de conséquence les compétences associées.”  Dominique Thierry, ancien président de France Bénévolat.

L’association, une entreprise atypique

Si vous voulez que votre association rayonne vous devez la gérer comme une entreprise : audit, stratégie, plan de communication, objectifs financiers à atteindre, recrutement de bénévole, etc. Vous allez mettre en place des indicateurs de performance et évaluer le succès de votre stratégie. Vous serez soumis aux mêmes impératifs qu’en entreprise, et le bien souvent, avec moins de moyens aussi bien humains que financiers. Le but d’une association est d’offrir un service et d’avoir des adhérents et des bénéficiaires. Si on schématise, cela revient à dire, avoir des clients/utilisateurs et vendre une prestation, donc dégager des revenus. Certes, ce ne sont pas les mêmes contraintes financières et fiscales, toutefois, ce sont les mêmes exigences pour atteindre ses objectifs.

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Travailler sans salaire, c’est travailler quand même !

Ce qu’il faut retenir du travail en association c’est qu’il s’agit d’un travail à part entière, et le fait de ne pas percevoir de salaire, ne doit pas en diminuer la valeur. Il faut aller bousculer un petit peu cet imaginaire collectif.

Déjà dans votre posture, appliquez les conseils prodigués par Emilie Antoine, psychologue, dans son article sur le coming-out de l’entrepreneuse. Il faut commencer par valoriser à ses yeux le travail qu’on réalise au sein de son association, puis le présenter aux autres en expliquant son rôle et ses tâches. Passez en revue toutes les tâches que vous accomplissez (traitement de texte, rédaction, animation des réseaux sociaux, comptabilité, gestion d’équipe, graphisme, etc), vous verrez toutes les compétences que vous déployez et les savoir-faire et savoir-être que vous avez acquis.

Pour les étudiants et jeunes diplômés, ne négligez pas votre expérience associative, au contraire, ça peut fournir votre CV et vous valoir d’être embauché du fait de l’expérience déjà acquise. Ne la mettez pas dans la catégorie “loisirs” en bas de CV, mais plutôt dans la section expérience professionnelle ou carrément dans une section à part “expérience associative”. Détaillez bien ce que vous avez fait et appris au sein de votre association ; si c’est pertinent, préciser son budget et son effectif.

Le portefeuille et le passeport

En 2009, un groupe de travail sur la valorisation du bénévolat, animé par Jean Bastide, alors Président de France Bénévolat, a mis au point un référentiel complet des compétences dites génériques spécifiquement développées en association, et mobilisables dans le monde du travail. Ce groupe de travail, a établi une série de compétences particulièrement développées chez les cadres associatifs, il s’agit notamment de la gestion de projet, la gestion d’équipe, la négociation, la communication, l’innovation, la gestion rigoureuse des ressources humaines et matérielles, etc. Ce référentiel est un excellent outil à l’adresse des bénévoles et des responsables associatifs, il inclue un portefeuille de compétences en 18 fiches à compléter.

Dans le même état d’esprit, découvrez le passeport bénévole décrit comme “un livret personnel de reconnaissance de l’expérience bénévole […] Il atteste de l’expérience bénévole acquise, et peut être utilisé comme pièce justificative complétant un dossier de VAE. Avec l’appui de Pôle Emploi, du Ministère de l’Education Nationale et de l’AFPA.” Pour se le procurer,cliquez ici.

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