Pensez-vous qu’on peut être entrepreneuse et étudiante ?

Fatimata Touré

fondatrice d’Accès Médecins

 

Oui c’est possible et Fatimata Touré en est l’exemple même. Jeune étudiante, âgée de 21 ans, en 2018 elle tente sa chance au concours Akb des entrepreneuses plurielles. Ne supportant pas les inégalités elle fait le choix d’entreprendre pour rendre accessible les soins médicaux à tous. Un bout de femme d’un grand courage qui nous montre la voix : fasse à l’injustice chacune d’entre nous peut changer les choses.

 

Élue meilleur espoir lors du dernier concours AKB, je vous laisse découvrir cette extraordinaire entrepreneuse fondatrice d’Accès Médecins et étudiante.

Peux-tu te présenter et présenter ton projet ?

Je m’appelle Fatimata, j’ai 21 ans et je porte le projet Accès Médecins. C’est une plateforme qui permet aux personnes vivant dans des déserts médicaux de recevoir de manière instantanée de l’aide médicale via la téléconsultation et via des conseils santé techniques et personnalisés.

Il y a un an, tu as participé au concours, raconte-nous comment tu as vécu cette expérience – (Ce que tu as ressenti, quelles étaient tes craintes, tes motivations).

Ce fut une superbe expérience. Je ne voulais pas participer à un concours pour participer, je voulais en apprendre davantage sur moi-même et sur mon projet. Je fus donc très heureuse et surprise lorsque j’ai appris que je faisais partie des 7 finalistes, et il faut dire que les autres candidates portaient de très beaux projets. Cela m’avait fait peur au début, j’avais peur qu’on soit trop dans la concurrence et j’avais peur de partir avec un handicap du fait de mon « jeune » âge mais lorsque je les ai rencontrées pour la première fois, je fus surprise de notre comportement à toutes. Il y avait vraiment de l’entraide et de la bienveillance.

Au moment de proposer ta candidature, qu’est-ce que tu t’es dit ? Qu’est-ce qui t’a poussé à déposer ta candidature ?

J’ai eu un bon sentiment lorsque j’ai découvert ce concours et le dossier de candidature était si bien fait que j’ai réellement pris du plaisir à le remplir. En répondant aux questions je me suis à la fois poser des questions sur moi-même mais également sur l’entreprenariat et mon projet.

Quelle question ou quel commentaire du jury t’a le plus marqué ?

L’aspect financier de mon projet, c’est-à-dire quel était mon business model. C’est vrai qu’à ce moment-là je ne pensais pas réellement à cela. Ce commentaire m’a ramené à la réalité si je peux dire. Dès lors, j’ai commencé à étudier cet aspect de plus près. Les remarques du jury m’ont aidé à me poser les bonnes questions.

Qu’as-tu ressenti face au jury au moment de présenter ton projet ?

Au départ j’étais assez intimidée et stressée car j’étais la première à pitcher. Après quelques bafouillements, le jury et le public m’ont mis à l’aise. Le stress est tout de suite redescendu et l’ambiance était adéquate.

Que dirais-tu à une femme qui hésite encore à se lancer et à postuler au concours AkB ?

Je lui dirais que dans chaque expérience, il y a toujours quelque chose à gagner. En ne tentant rien, on ne peut pas arriver à faire ce que l’on souhaite réaliser. Il ne faut pas avoir peur de tenter, ce concours en vaut vraiment la peine.

Un an après, où en est ton entreprise ?

J’ai besoin d’accompagnement pour mon projet. Alors, j’ai en quelque sorte décidé de me rapprocher de l’Etat car mon projet est avant tout d’utilité publique. Désormais je suis suivie par Pépite France, plus particulièrement le Pépite Etena dans le cadre de mon projet d’entreprise. J’envisage d’en faire plus dans les mois à venir en contactant des acteurs clés. J’ai également participé à plusieurs évènements pour promouvoir mon projet et pour sensibiliser la population à la désertification médicale.

Quel a été le plus grand frein à ton projet ?

Alors il y en a plusieurs : le fait que je sois seule à porter mon projet et le fait que je ne sois pas issue du domaine médical.

Entreprendre seule n’est pas très commun de nos jours, surtout lorsqu’on porte un projet comme celui-ci. Créer une entreprise sur un problème d’utilité public est également difficile car dans ce genre de projet je ne pense pas que l’argent doit être notre motivation première.

De quoi tu aurais besoin immédiatement pour amener ton projet à un niveau supérieur ?

C’est une bonne question. Je pense que la réponse la plus attendue est l’argent mais moi je pense qu’un accompagnement adapté aux besoins de projet me sera, pour le moment, beaucoup plus utile que de l’argent. L’idéal serait de travailler conjointement avec des personnes spécialisées dans la création d’entreprise sur le marché de l’e-santé.

De quoi as-tu eu besoin en tant que femme entrepreneur ?

En tant qu’entrepreneur femme ou homme, je pense que nous avons tous besoin d’être entouré par de bonnes personnes qui pourront nous aider et nous aiguiller à nos débuts.

Penses-tu qu’il est plus difficile d’entreprendre quand on est une femme issue de la diversité ?

Je pense que rien n’est facile dans la vie mais il est vrai qu’en étant une femme de diversité, nous avons tendance à se censurer beaucoup, avant même que les autres le fasse. Nous avons peur de ne pas être traité à l’égal des « autres ». Cela nous handicape plus qu’autre chose, je préfère donc penser que ces pensées nous handicapent plus qu’autre chose.

Quelle femme t’inspire ou est ton modèle ?

Je n’ai pas vraiment de nom en tête mais pour moi une femme inspirante serait une femme partie de rien et qui a réussit sans avoir perdu son identité et ses valeurs.

Quels sont tes Leitmotiv au quotidien ?

Rester moi-même et ne pas rentrer dans le moule pour atteindre mes objectifs.

Que signifie la réussite pour toi ?

La réussite pour moi c’est d’atteindre l’objectif qu’on s’était fixé sans avoir eu à changer la personne que l’on est.

Que signifie l’échec pour toi ?

L’échec pour moi serait d’abandonner une chose à laquelle on tient à cause d’un sentiment de peur injustifié.

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes femmes porteuses de projets ?

De bien s’entourer, de ne pas avoir peur de confronter son idée avec d’autres personnes, de croire dur comme fer à son idée tout en restant réaliste.

Si tu étais une héroïne, laquelle serais-tu ?

Difficile comme question, pour me rappeler mes plus jeunes années je dirais Xena la guerrière. C’est une princesse qui aurait pu uniquement se complaire à vivre sa vie de princesse mais qui a décidé d’aider les autres en luttant pour le bien.

 

Merci à Fatimata Touré pour son témoignage sur ce concours des entrepreneuses plurielles. Toute l’équipe AkB lui souhaite de réussir ces prochains challenges.

Sois la prochaine lauréate du Concours 2019 ? Inscris-toi et envoie ta candidature avant le 9 mars 2019. La finale se tiendra le 27 avril 2019 à la Fondation Deloitte.