Gérer ses actifs ou domicilier une activité dans le canton de Genève suppose de comprendre les logiques propres à cette place financière mondiale. Entre banques privées centenaires, établissements commerciaux solides et fintechs agiles, le choix de l’interlocuteur conditionne autant les frais annuels que la qualité de l’accompagnement B2B. Simulez vos frais de gestion plus bas, pour positionner ensuite votre entreprise sur la place financière de Genève.
La place financière genevoise en chiffres
Genève concentre environ 35 % des actifs sous gestion transfrontaliers en Suisse (source : Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières, 2024), soit plus de 2 000 milliards de francs suisses gérés depuis le canton. La ville abrite plus de 100 banques, dont une trentaine d’établissements privés qui ont forgé leur réputation sur plusieurs décennies. Pour un dirigeant souhaitant bâtir un patrimoine solide depuis la Suisse romande, cet écosystème propose des solutions sur-mesure qu’aucune autre place européenne ne concentre à ce niveau.
La stabilité du franc suisse, le cadre réglementaire de la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) et la fiscalité cantonale attractive attirent aussi bien les family offices que les PME en expansion. Le taux effectif d’imposition sur les bénéfices reste parmi les plus compétitifs de Suisse, avec des écarts sensibles selon la commune d’implantation : le détail chiffré et ses limites récentes pour les grands groupes sont présentés dans la section fiscalité ci-dessous.

Calculateur de frais de gestion annuels à Genève
À montant d’actifs égal, les frais varient du simple au quadruple selon l’établissement retenu. Saisissez le montant à confier et le type de gestion pour visualiser l’impact annuel en francs suisses, et l’économie potentielle par rapport à une banque privée premium.
Banque privée, banque commerciale ou fintech : quelle logique retenir
Le choix entre ces trois modèles ne se résume pas aux frais. Une banque privée comme Pictet ou Lombard Odier exige généralement un minimum de 250 000 à 500 000 CHF d’actifs, mais ouvre en contrepartie l’accès à des fonds alternatifs fermés aux investisseurs retail : dette privée, co-investissement en private equity, structurations offshore. C’est la bonne option pour les dirigeants dont l’entreprise génère des distributions régulières et qui cherchent à diversifier hors marché coté.
Les banques commerciales (UBS, BCV) couvrent les besoins opérationnels : financement de l’exploitation, lignes de crédit court terme, gestion des flux d’import-export. Credit Suisse, longtemps présent sur la place genevoise, a été absorbé dans sa totalité par UBS et radié du registre du commerce suisse entre mai et juillet 2024 : il n’existe plus en tant qu’entité indépendante. Pour une PME dont le besoin financier dépasse la seule gestion d’actifs, UBS et BCV constituent aujourd’hui le socle commercial. Associer sa banque principale à un cabinet comptable indépendant permet de piloter sans angles morts, quel que soit l’établissement principal retenu.
Les fintechs occupent la niche des profils entre 50 000 et 300 000 CHF, exclus des seuils des banques privées. Alpian, seule fintech réellement domiciliée à Genève et désormais liée au groupe Reyl Intesa, propose des frais réduits (0,25 % à 0,5 %/an) et un accès mobile complet. Selma Finance suit une logique proche mais reste domiciliée à Zurich : la présenter comme une offre genevoise serait une erreur, même si son application reste ouverte aux clients de toute la Suisse romande. Dans les deux cas, l’accompagnement conseil reste minimal comparé à une banque privée, et un calcul rapide avec le simulateur ci-dessus suffit souvent à trancher. Pour resituer ce choix dans un contexte plus large, l’impact du taux directeur sur vos placements mérite aussi d’être suivi.

Fiscalité et domiciliation à Genève pour les entreprises
Depuis la réforme RFFA entrée en vigueur en 2020, les régimes fiscaux spéciaux ont disparu. Genève a compensé en abaissant son taux ordinaire d’imposition des bénéfices. Pour la ville de Genève, le taux combiné (impôt fédéral direct 8,5 % + impôt cantonal et communal) s’établit à environ 14,7 % selon les données 2024-2025 de l’Administration fiscale cantonale de Genève, contre 19,7 % à Zurich et 21,6 % à Berne. Certaines communes périphériques du canton descendent autour de 13,99 %, ce qui peut orienter le choix de domiciliation pour les structures souhaitant optimiser leur charge fiscale.
Ce taux avantageux connaît toutefois une limite depuis le 1er janvier 2024 : la Suisse applique désormais la QDMTT, l’impôt minimum complémentaire national issu du Pilier 2 de l’OCDE. Tout groupe multinational dont le chiffre d’affaires consolidé atteint ou dépasse 750 millions d’euros est soumis à un taux d’imposition effectif minimum de 15 %, quelle que soit la commune genevoise de domiciliation retenue. L’avantage cantonal reste donc pleinement mobilisable pour les PME et les structures sous ce seuil, mais se neutralise pour les grands groupes internationaux visés par la réforme.
Pour les entreprises innovantes, la patent box cantonale réduit l’imposition sur les revenus issus de brevets et logiciels développés en interne, un mécanisme à analyser dès la phase de structuration pour les sociétés tech ou pharma. Les mécanismes d’intéressement comme les BSPCE ont par ailleurs un traitement fiscal spécifique en droit suisse, distinct du régime français, ce qui mérite d’être anticipé avant la première levée de fonds.
En matière de TVA, la Suisse applique un taux standard de 8,1 % depuis 2024 (source : Administration fédérale des contributions). Les prestations financières restent hors champ TVA, ce qui allège la gestion comptable des sociétés de conseil ou de gestion d’actifs domiciliées à Genève. Un avantage concret pour les structures de family office ou de multi-family office qui externalisent leurs services de reporting.









