Entrepreneurs handicapés : Statuts, aides et financements

Être handicapé(e) n’est pas un obstacle à la création d’entreprise. Premièrement, parce que dorénavant le statut de travailleur handicapé est reconnu, deuxièmement parce qu’il y a à présent de nombreuses aides pour financer vos projets.

Mais comme pour tout, vous devez vous renseigner auprès des bonnes personnes et défendre votre projet.

Obtenir le statut entrepreneur handicapé

Au préalable, afin de faciliter vos démarches, vous devez impérativement faire reconnaître votre handicap et demander à percevoir l’allocation adulte handicapé.

Vous avez une idée de création ? La première chose à faire est de vous rendre auprès de la MDPH (maison des personnes handicapées) de votre région et demander à obtenir le statut de travailleur handicapé.

Si vous n’aviez pas rempli le formulaire lors de la création de votre dossier, vous devez prendre rendez-vous avec un médecin du travail agrée soit par votre entreprise (si vous êtes salarié), soit par votre mairie ou préfecture.

Cette reconnaissance vous permet :

  • d’accéder à l’insertion professionnelle (stages de réadaptation, contrat d’apprentissage)
  • de faire valoir l’obligation d’emploi (tout employeur employant au moins 20 salariés est tenu de recruter des personnes en situation de handicap dans une proportion de 6 % de l’effectif total de son entreprise)
  • d’accéder à la fonction publique par le biais de concours aménagés ou par recrutement contractuel spécifique,
  • de vous faire bénéficier d’aménagement de vos horaires et poste de travail,
  • de vous faire bénéficier de soutiens spécialisés pour la recherche d’emploi au sein, par exemple, des services du Réseau Cap Emploi
  • ainsi que d’obtenir des aides techniques, matérielles et humaines (interprète langue des signe)

Je veux financer mon entreprise

Les organismes d’aide et de financement

L’AGEFIPH est une association qui a pour mission de favoriser l’insertion professionnelle des personnes handicapées et maintenir leur emploi au sein des entreprises privées grâce à des aides financières et personnalisées.

Cet organisme met en effet, à votre disposition une somme non négligeable et s’élevant de 5000 à 12 000€ maximum, pour soutenir le lancement de votre activité et de couvrir les premiers frais d’investissement.

Au-delà du financement l’Agefiph vous met également à votre disposition

  • Une formation de gestion de 250 heures
  • Un accompagnement et un suivi de l’entreprise durant une période de 3 ans
  • Une trousse de première assurance et comprenant 3 garanties (multirisque professionnelle, prévoyance et santé)

Attention toutefois, car il y a des conditions d’accès strictes pour en bénéficier. En effet :

  • vous devez être détenteur ou détentrice de 50% du capital de l’entreprise
  • il est impératif d’avoir en votre possession un apport de 1500€
  • le dossier doit être présenté avant l’inscription au centre de formalités des entreprises. Autrement dit, une société déjà immatriculée  au CFE ne peut pas souscrire à un prêt NACRE
  • enfin, vous avez l’obligation de passer par un spécialiste de l’accompagnement labellisé par l’Agefiph, pour monter votre dossier

Les deux dispositifs suivant ne sont pas spécifiquement réservés aux personnes handicapées. Mais si vous disposez du statut de travailleurs handicapés, vous pourrez également postuler.

  • L’ACCRE (Aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprises) et apporte son soutien dans la création de l’auto-entreprise. Elle permet également l’exonération partielle des charges sociales pendant les 12 premiers mois d’activité. Pour en bénéficier, vous devez en faire la demande auprès de l’Agefiph.
  1. DISPOSITIF NACRE (Nouvel Accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise). Ce programme a d’abord été crée sous le nom d’EDEN. Cela consiste à renforcer l’apport personnel du créateur (ou repreneur d’entreprise) avec prêt à taux zéro (jusqu’à 10 000€) accordé par France Active mais qui est couplé avec un prêt bancaire.

Bien entendu, cette aide comprend également le montage du dossier ainsi qu’un accompagnement durant une période de 3 ans pour assurer la viabilité de l’entreprise.